AUTO-IMMUNITÉ ET INFLAMMATION

Autoimmunity And Inflammation

On utilise le terme général « maladie auto-immune » pour parler de toute pathologie où l’organisme attaque ses propres constituants. L’idée même d’autosabotage est surprenante : pourquoi donc le corps se retournerait-il contre lui-même, et pourquoi ne s’arrête-t-il pas? En tant que docteure en naturopathie, ce sont les questions fondamentales que j’aborde face à une maladie auto-immune, et les réponses se trouvent toutes dans le traitement de l’inflammation.

Pourquoi l’inflammation se déclare-t-elle lorsqu’un patient souffre d’une maladie auto-immune?

Parmi les maladies auto-immunes, on retrouve l’hypothyroïdie de Hashimoto, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique, le lupus, la SEP, l’eczéma, le psoriasis, et bien d’autres. Dans chacune de ces affections, le système immunitaire se retrouve en hyperactivité, ce qui provoque la production d’un trop grand nombre de « soldats » immunitaires. Chacun de ces « soldats » émet des signaux appelés cytokines, ainsi que d’autres médiateurs responsables de l’inflammation. Dans les cas qui ne relèvent pas d’une maladie auto-immune, l’inflammation est bénéfique à l’organisme puisqu’elle favorise une activité immunitaire localisée au niveau de la zone inflammatoire (par exemple, une coupure en voie de cicatrisation). Dans le cas d’une maladie auto-immune, l’inflammation est systémique et chronique. Il faut donc la prendre en charge afin de renverser la maladie.

Comment traiter une inflammation?

Supprimer les aliments inflammatoires

Soixante-dix pour cent du système immunitaire se trouve dans l’intestin. Celui-ci est donc manifestement la source d’une grande partie de notre hyperactivité immunitaire et de l’inflammation. Les médicaments, le stress, un surplus d’activité physique et une alimentation à base d’aliments inflammatoires sont autant de facteurs qui perturbent notre flore intestinale et détruisent la barrière physique entre la nourriture et notre système immunitaire. Lorsque notre système immunitaire est exposé à des protéines alimentaires, notre organisme crée des « soldats » dont le rôle est d’attaquer ces dernières, ce qui contribue à généraliser l’inflammation dans le corps.

Il est possible de faire un test IgG pour connaître les aliments responsables de l’inflammation. Ce test permet de mesurer la quantité de soldats immunitaires (IgG) qui ont été produits afin d’attaquer différentes protéines alimentaires. Les résultats permettent de déterminer les aliments à éviter. Si vous ne souhaitez pas faire le test, vous pouvez opter pour un régime anti-inflammatoire complet qui supprimera entièrement le gluten, les produits laitiers, le sucre, les œufs et les solanacées pour une durée allant jusqu’à six mois. Il est important de soigner la muqueuse intestinale pendant la phase d’élimination des aliments afin d’assurer l’arrêt de la production de nouveaux soldats immunitaires. Comment? Grâce à la L-glutamine et aux probiotiques. Selon votre cas, l’utilisation d’enzymes ou de suppléments destinés à empêcher la prolifération peut aussi être pertinente.

Réduire son stress

L’inflammation peut aussi se produire lorsque le corps est soumis au stress. Il est essentiel de comprendre que l’organisme est incapable de faire la différence entre un délai serré au travail et le fait d’être attaqué par un lion. Chacune de ces situations génère du stress, auquel le corps réagit toujours par le même mécanisme : l’inflammation.

Les facteurs de stress dans votre environnement ne sont peut-être pas là où vous le pensez. Vous ne dormez peut-être pas assez; un manque de sommeil peut constituer un facteur de stress pour le corps. Vous faites peut-être trop d’activité physique ou vous ne mangez pas à des heures régulières. Vous avez peut-être du mal à faire face aux situations stressantes de la vie quotidienne. Même si apporter des changements à votre quotidien pour réduire votre stress est souvent plus facile à dire qu’à faire, il s’agit d’un élément très important dans la prise en charge des maladies auto-immunes.

Prendre en compte l’exposition aux toxines environnementales

Il existe une relation bien établie entre les toxines environnementales, dont les métaux lourds, et les maladies auto-immunes. En effet, les toxines sont une source d’inflammation dans l’organisme. Parmi les toxines, on retrouve le plomb, le cadmium, le mercure, les parabènes, les phtalates, le BPA et bien d’autres.

Si vous souhaitez réduire votre exposition aux toxines, commencez par compter le nombre de produits de soins personnels et d’entretien dont vous vous servez chaque jour : désodorisant, maquillage, shampooing, détergent à lessive ou à vaisselle, pour n’en nommer que quelques-uns. Chacun de ces produits contient probablement des ingrédients favorisant l’inflammation. Réduire son exposition aux toxines environnementales est un processus qui prend du temps. Chaque fois que vous terminez un produit, remplacez-le simplement par sa version naturelle. Chaque petit pas en avant compte!

Prendre des suppléments anti-inflammatoires

Il existe un grand nombre de plantes et de suppléments anti-inflammatoires, qui peuvent être utilisés pour réduire l’inflammation jusqu’à ce que nous mettions le doigt sur la source du problème (alimentation, environnement, stress, etc.). On retrouve notamment la curcumine, la boswellia, la rehmannia, la griffe du diable et l’huile de poisson.

Le secret de l’utilisation de suppléments réside dans la connaissance des formulations, afin de déterminer celles qui seront assez puissantes pour que l’on constate une réelle amélioration. La curcumine (que l’on trouve dans le curcuma) en est un exemple classique. Utilisé comme épice, le curcuma est certes délicieux, mais il n’atteindra jamais une dose suffisante dans l’organisme pour que vous puissiez bénéficier de son action anti-inflammatoire. Il a été prouvé que certains extraits très puissants pouvaient réduire les marqueurs sanguins de l’inflammation, mais leur efficacité est de courte durée.

C’est pourquoi il est essentiel de respecter l’espacement des doses, le dosage et la période d’administration si l’on veut constater une réduction de l’inflammation dans l’organisme. Afin de déterminer le protocole anti-inflammatoire adapté à chaque patient, je procède à un historique de santé et recherche la présence de marqueurs inflammatoires en faisant pratiquer des analyses en laboratoire.

Prendre son temps et faire preuve de patience

Lorsque l’auto-immunité se manifeste et est diagnostiquée, cela fait en général déjà longtemps que le système immunitaire est en suractivité. Une fois les sources de l’inflammation supprimées, il faut compter jusqu’à six mois avant que les « soldats » immunitaires et les médiateurs de l’inflammation qui les accompagnent soient évacués du système et que l’organisme retrouve un fonctionnement normal. Il est important de garder cela en mémoire lorsque l’on établit une chronologie de traitement. La patience et la persévérance sont probablement les aspects les plus difficiles dans le traitement d’une maladie auto-immune, mais ce sont aussi les plus déterminants.

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